Pour l’anecdote, j’ai choisi ce spectacle parce que le titre me parlait. Parce que cette simple phrase “Moi, j’ai choisi d’aimer” me réconforte et me fait du bien dans un monde parfois difficile, voire cruel.
Comme une intuition, j’ai ressenti le besoin d’aller voir cette pièce. Et, je suis heureuse d’avoir suivi ce choix puisque, en plus d’aborder le thème de l’amour universel - qui me tient particulièrement à cœur, le spectacle aborde aussi un autre sujet qui fait beaucoup parler de lui aussi : l’écologie, l’éco-anxiété, et toutes les émotions qui vont avec… cela avec beaucoup de poésie et de tendresse.
Au cœur d’une salle d’embarquement d’aéroport, quatre personnages prennent la parole. Une hôtesse et trois voyageurs. Ils attendent un vol, peut-être un avenir. Autour d’eux, le monde tangue, se fissure, menace. A travers un dialogue entre les quatre protagonistes, nous écoutons quatre points de vue différents sur le sujet sensible de l’écologie, de la violence et de la paix - chacun vivant la situation en fonction de ses doutes, de ses peurs, de sa situation, de l’espoir et de l’amour qu’il porte en lui.
Le spectacle nous interroge alors : peut-on encore avancer sereinement quand le monde semble s'écrouler ? Doit-on garder espoir, pour soi, pour nos proches, pour les générations à venir ?
Au lieu de fuir ou de céder au cynisme, ils choisissent de faire une halte, de regarder le monde droit dans les yeux, et de poser cette question cruciale : face à l’urgence écologique, sociale, existentielle… que faire ? Et si la réponse tenait en un mot simple, radical et désarmant : choisir d'aimer ?
Ainsi, “Moi, j’ai choisi d’aimer” apparaît comme un spectacle multiple et profondément humain. Le spectacle explore avec finesse les tensions qui traversent notre époque. À travers une galerie de personnages touchants et incarnés, le spectacle donne à entendre une diversité de points de vue, sans jamais juger ni trancher, le tout à travers l’expression d’émotions diverses.
Engagé sans être moralisateur, poétique sans fuir le réel, politique sans posture, ce texte riche questionne notre rapport au monde, à l’avenir, à l’amour comme ultime force d’engagement.
Quelque soit notre point de vue sur le sujet, on peut se reconnaître à un moment où à un autre dans le récit de chacun, dans leur histoire, dans leurs mots.
Également, dans un décor plutôt très minimaliste (laissant une place importante au jeu et au texte), il y a un certain esthétisme dans le spectacle qui accompagne subtilement le propos, notamment avec des passages musicaux et chantés, ainsi qu’une scène dansée d’une grande poésie entre un comédien et un cœur mouvant dans les airs : un moment suspendu que j’ai particulièrement aimé, comme une sorte de métaphore sur notre rapport à nos peurs, à l’amour, à l’espoir, à la persévérance.
Dans cette jungle d’incertitudes, le spectacle trace une voie possible : celle de la responsabilité individuelle et aussi de la responsabilité collective.
Aussi, comme la métaphore du colibri, chacun ici fait sa part : les comédiens eux-mêmes, à travers la scène de théâtre, par leur jeu sincère et vibrant, deviennent des passeurs d’optimisme, d’élan vital, de lucidité joyeuse (et cela malgré les menaces dont on nous parle quasi quotidiennement - développant une forme d’éco-anxiété tantôt silencieuse, tantôt plus bruyante).
"Moi j’ai choisi d’aimer" est une proposition artistique qui réconforte autant qu’elle secoue et émeut. Ce spectacle, sans être dans le jugement ou dans un but moralisateur, est un peu comme le colibri qui fait sa part : il rappelle que l’engagement n’est pas forcément une forme de rage ou de renoncement : il peut être aussi un acte d’amour.
Bref. Moi aussi, j'ai choisi d'aimer. Et vous ?
Sur ce, je vous dis à très vite, et au plaisir de se croiser dans une salle de spectacles, dans la vraie vie, ou bien ici-même, pour un nouveau récit d'aventure théâtrale.