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“Glenn, naissance d’un prodige”, quand le théâtre nous fait voir la vie comme une partition de musique

“Glenn, naissance d’un prodige”, quand le théâtre nous fait voir la vie comme une partition de musique
Chers Théâtreux,
 
Dans cette nouvelle lettre, je vais vous parler d’un pianiste, d’une destinée, de relations mère-fils, de vie par procuration, de différence, de sentiments amoureux, d’un personnage inspirant, et surtout d’une pièce captivante et poignante sur l’histoire d’un homme et de son amour de la musique. C’est ce que j’ai pu ressentir au Théâtre Le Spendid pour découvrir la pièce “Glenn, naissance d’un prodige”, écrite et mise en scène par Ivan Calbérac.

Sous l’impulsion de sa mère qui rêvait d’être concertiste, Glenn Gould commence le piano dès l’âge de deux ans et demi, et s’y révèle aussitôt très doué. C’est l’histoire du destin extraordinaire et tragique d’un des plus grands artistes du 20ème siècle.

Glenn, naissance d’un prodige” est un biopic sur le célèbre pianiste, compositeur et homme de radio Glenn Gould (1932-1982). Dès l’âge de 3 ans, on découvre que Glenn a l’oreille absolue, avec une précocité pour transposer, composer et improviser au piano. L’un de ses signes distinctifs est de chantonner en même temps qu’il joue. Il est notamment connu pour ses enregistrements des “Variations Goldberg” de Jean-Sébastien Bach. Après avoir intégré le Conservatoire Royal de Musique de Toronto, il est rapidement repéré et donnera de nombreux concerts sur le continent nord-américain entre 1955 et 1964. Dès 1964, il abandonne toute apparition publique pour se concentrer sur les enregistrements en studio et pour la radio.
 
La pièce nous raconte ainsi l’histoire d’un enfant poussé par ses parents - particulièrement sa mère, Flora, à travailler dur pour devenir un concertiste prodige, au détriment de sa vie personnelle. A travers plusieurs tableaux, on découvre la vie de Glenn Gould depuis l’enfance - quand sa mère commence à lui apprendre le piano, jusqu’à ses 50 ans - année de sa mort.
 
L’artiste étant originaire de Toronto au Canada, la plupart de la pièce se tient dans cette ville. J’ai particulièrement apprécié l’omniprésence du piano et de la musique dans le spectacle : avec un piano sur scène, on alterne entre jeu et morceaux de piano en live, issus de l'œuvre de Glenn Gould.  
Crédits Photos : Fabienne Rappeneau
Crédits Photos : Fabienne Rappeneau
Crédits Photos : Fabienne Rappeneau
Crédits Photos : Fabienne Rappeneau

Crédits Photos : Fabienne Rappeneau

Le parti pris de la pièce porte sur la relation que Glenn avait avec sa mère. Une relation fusionnelle. Pianiste également mais frustrée de ne pas avoir eu la chance de devenir une concertiste reconnue dans le monde, elle mise tout sur son unique enfant, Glenn. Envahissante et surprotectrice, elle tend à décider de ce qui est bon pour son fils et pour sa carrière, pour réaliser son rêve à travers lui.
 
La pièce nous interroge alors sur la vie par procuration et l’obsession de pousser quelqu’un à vivre la vie qu’on aurait voulu pour soi. Ici, elle veut qu’il vive une vie d’artiste concertiste en tournée partout dans le monde. Lui n’aime pas jouer en public. Il a peur de moins bien jouer en public du fait de son hypersensibilité à tout ressentir autour de lui. Il veut juste être libre de faire son art comme il l’entend : voir et ressentir la pratique d’un art comme de l’émerveillement perpétuel, et être reconnu pour son art mais sans jouer en public.
 
Et puis il y a également le personnage de Jessie, sa cousine, amoureuse secrètement de Glenn, qui la voit plutôt comme une amie proche et une confidente. On retrouve en Jessie un lâcher prise et une légèreté à l’opposé de la relation que le jeune Glenn entretient avec ses parents.
Crédits Photos : Fabienne RappeneauCrédits Photos : Fabienne Rappeneau

Crédits Photos : Fabienne Rappeneau

Glenn apparaît comme artiste anti-conformiste, et avec une volonté de se réinventer constamment dans ses créations, ce qui lui vaut une certaine excentricité : il revendique de jouer son art à sa manière, de ne pas jouer pour jouer mais d’ajouter sa touche personnelle et d’être libre dans son art. Un trait de caractère qui fait qu’il révolutionne, en quelques sortes, le monde de la musique.
 
L’histoire de Glenn Gould est une histoire qui m’a bouleversée, notamment par sa force de caractère où, avec une personnalité Asperger, il s’affirme par sa différence et son hypersensibilité. Également, le moment où il perd sa mère m’a particulièrement émue : elle avait une telle influence sur lui qu’il s’est retrouvé comme ébranlé et perdu.
 
Glenn, naissance d’un prodige”, c’est une destinée à la fois belle et tragique. C’est aussi l’histoire d’un homme inspirant et fascinant, ou comment voir la vie est comme une partition de musique qu’on ne joue qu’une fois, avec ses variations, avec ses arrangements, et qui nous permet d’être dans la mélodie comme on vit l’instant. A découvrir sans plus tarder au théâtre !
 
Sur ce, je vous dis à très vite, et au plaisir de se croiser dans une salle de spectacles, dans la vraie vie, ou bien ici-même, pour un nouveau récit d'aventure théâtrale.
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Lauriane Cronier

Lauriane, théâtreuse passionnée, met en lumière le monde du spectacle, pour ajouter plus de théâtre à la vie et plus de vie au théâtre.
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