Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

“La Dernière Lettre”...quand le théâtre nous donne une belle leçon de justice et d’humanité

Découverte théâtrale à l’occasion d’une escapade en Avignon du 15 au 18 Juillet 2021.

Découverte théâtrale à l’occasion d’une escapade en Avignon du 15 au 18 Juillet 2021.

Chers Théâtreux,
 
Dans cette nouvelle lettre, je vais vous parler de justice et d’humain. Surtout d’humain en fait. L’une de mes belles surprises de cette édition 2021 du Festival OFF d'Avignon a été la pièce “La Dernière Lettre”, écrite et mise en scène par Violaine Arsac, et proposée par l’Atelier Théâtre Actuel. Pour tout vous dire, cette pièce m’a tout particulièrement émue et litterallement touchée en plein cœur, tant le propos est, à mon sens, beau et d’une profonde justesse.
 
Matias, le mari de la journaliste Anna Larcher, est tué par balle lors d’un déplacement professionnel à Houston. Michael Ellis est alors arrêté et condamné à la peine capitale. L’histoire commence quand Anna reçoit la visite de Clémence Robin, se présentant comme membre d’une association qui met en lien les condamnés avec leur famille par un échange de lettres. Elle lui transmet ainsi une lettre de Michael Ellis
 
Le ton est donné. L’intrigue est là et nous interroge dès les premières secondes. J’ai senti dès ce moment qu’on aurait droit à quelque chose de profond au travers d’une fiction théâtrale. Guidée par la musique, l’intrigue et le jeu des comédiens, je me suis retrouvée aussitôt captivée comme si j’étais plongée dans un livre ou film à suspense. 
Photo © Fabienne Rappeneau

Photo © Fabienne Rappeneau

- Tu peux me parler de la justice restaurative ?
- Tu prends un délit ou un crime et tu fais se rencontrer auteur et victime.

Extrait de la pièce “La Dernière Lettre”

C’est à la suite d’un reportage sur la justice restaurative et réparatrice aux Etats-Unis que l’auteure, Violaine Arsac, a eu l’envie d’écrire ce spectacle. Ce reportage parle d’une femme qui a retrouvé la paix intérieure après une correspondance avec le meurtrier de sa fille pendant quinze ans. 
 
Aussi, elle a choisi d’aborder ce sujet au travers de la perception de deux femmes, deux mères : l’une sur le point de perdre son enfant, l’autre ayant perdu le père de son enfant. Une avancée et un échange véritablement touchant et bouleversant, qui interroge alors.

Vous n’êtes pas un criminel, vous êtes un homme qui a commis un crime.

Extrait du reportage ayant inspiré la pièce

Dans la pièce, il est donc question ici de justice restaurative - consistant à amener un dialogue entre les victimes et les auteurs d’infractions. Dans ce texte, dans cette pièce, on s’interroge entre la notion de “criminel” et celle “d’humain commettant un crime”. Il est question de valeurs d’humanité et de résilience. Des valeurs chères à mon cœur, des mots qu’il est bon d’entendre, d’autant plus en cette période.
 
Parmi les temps forts de la pièce, j’ai également envie de souligner les moments mettant en scène la préparation d’une plaidoirie. Particulièrement sensible à l’art oratoire, j’ai aimé cette mise en lumière, le choix des “bons” mots, des termes, des expressions.
 
Et puis il y a cette mise en scène rythmée et fluide notamment grâce au jeu d’ombres et de lumières : tous les éléments de décor sont sur scène - et nous rappelant notamment le milieu carcéral - et c’est la lumière qui nous indique alors où nous sommes.

Je veux qu’il soit tué, mais ça me fait me sentir coupable.

Extrait de la pièce “La Dernière Lettre”

Photo © Fabienne Rappeneau

Photo © Fabienne Rappeneau

Alors, pour conclure, je dirais que “La Dernière Lettre” est une fiction captivante, une pièce qui interroge, qui fascine, une pièce qui bouscule nos pensées, nos préjugés et nos réflexions, tout simplement. Que vous aimiez ou non l’univers carcéral ou l’univers de la justice, les valeurs humaines amenées apportent un nouveau souffle, un autre regard, et font grand bien - au risque de vous arracher quelques larmes (âmes sensibles, vous êtes prévenues).
 
Sur ce, je vous dis à très vite, et au plaisir de se croiser dans une salle de spectacles, dans la vraie vie, ou bien ici-même, pour un nouveau récit d'aventure théâtrale.
 
Lauriane, aka La Théâtreuse en Baskets.
Retrouvez-moi également sur Instagram : @leguidedutheatreux

Avec Marie Bunel, Grégory Corre, Noémie de Lattre, Mathilde Moulinat et la voix de Benjamin Penamaria.

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
Lauriane C.

Lauriane, théâtreuse passionnée, décortique et met en lumière le monde du théâtre. Pour ajouter plus de théâtre à la vie, parce que la vie est théâtre.
Voir le profil de Lauriane C. sur le portail Overblog

Commenter cet article