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Capital Risque... quand la réussite tourne à l'obsession

Découverte théâtrale à l’occasion d’une escapade en Avignon du 15 au 18 Juillet 2021.

Découverte théâtrale à l’occasion d’une escapade en Avignon du 15 au 18 Juillet 2021.

Chers Théâtreux,
 
Qu’est-ce que réussir sa vie ? C’est le propos de la pièce “Capital Risque”, création de la Compagnie des Lucioles, second volet de la trilogie de Manuel Antonio Pereira sur les jeunes européens, et mis en scène par Jérôme Wacquiez. Une découverte qui ne m’a clairement pas laissée indifférente lors de ma venue au Festival d’Avignon.

Qu’est-ce que veut dire « réussir sa vie » ? À la sortie du lycée, un groupe de jeunes de Clermont-Ferrand prend des chemins différents, faisant le choix de leurs études supérieures. Une scission se crée alors entre ceux qui gagnent la capitale pour intégrer de prestigieuses grandes écoles et ceux qui restent en province pour trouver un emploi ou intégrer des écoles ou universités moins renommées.

Cette création, brillamment interprétée et mise en scène, met en avant toute cette pression perçue par la société envers les étudiants après le baccalauréat, pour courir après une certaine gloire et reconnaissance professionnelles.
 
Un propos alors très intéressant à évoquer sur scène puisque déjà, au collège, on nous demande ce qu’on veut faire plus tard, on nous pousse vers les filières scientifiques si l’on excelle dans les mathématiques, vers les filières littéraires si l’on excelle dans l’apprentissage des langues, vers les filières économiques si l’on est un peu dans la moyenne, et vers les filières d’apprentissage dès qu’on se retrouve avec des résultats médiocres… Chaque fois, on se retrouve dans une case en fonction d’un résultat à un instant T de sa vie. Chaque fois, on se retrouve poussé par la société vers une filière qui ne nous attire pas forcément, faisant de nous de bons petits soldats pour entrer dans le moule. On nous vend le prestige social. Telle est la réalité occidentale, qui tend depuis peu à changer ces dernières années.

Pour ces jeunes qui peuvent et qui décident de suivre les formations de ces grandes écoles, une seule chose a de l’intérêt : réussir leur vie professionnelle à tout prix en intégrant l’élite de la société française. Mais dans cette obsession de réussite, plusieurs brûlent intérieurement leur capital émotionnel.

Tout commence par le concours d’entrée à HEC, qui se veut l’une des plus prestigieuses écoles de commerce parisiennes, indiquant “former les meilleurs” et dont l’un des slogans aguicheurs est “Apprendre à oser”. Antoine et Célia, s’apprêtant à décoller pour New York à la fin de leurs études, décident de nous raconter leur parcours depuis ce fameux concours d’entrée...
 
Dans une scénographie plutôt épurée et une mise en scène dynamique et intense, qui nous embarque comme dans un film à suspense, j’ai été tenue en haleine pendant près de 2h par l’histoire des différents parcours de ce petit groupe d’étudiants qui cherche leur voie et très souvent en quête de reconnaissance sociale par leur futur métier. 
 
Pour raconter leur histoire, ces jeunes s’adressent au public en parlant d’eux à la 3ème personne, et en nous jouant la démonstration scénique des étapes clefs qui ont marqué leur vie étudiante pour le choix de leur voie. Cela passe notamment par la pression communiquée par ses grandes écoles avec une obligation de réussite forte pour “être le meilleur”. 
 
Parmi ces différentes histoires, j’ai particulièrement été touchée par celle de Thomas, et son souhait de devenir Trader, en s’investissant à 300 % dans son travail. On a alors une belle illustration des résultats de cette pression sociale sur le mental, sur l’émotionnel. J’ai également été très sensible à l’histoire de Julie, devenue Tatoueuse, qui s’est affranchie des codes pour vivre d’une passion en choisissant un métier plus atypique.

Ça devient trop compliqué d'être quelqu'un.

Extrait de "Capital Risque"

Capital Risque”, c’est 1h40 d’intensité. Ce sont des histoires aussi captivantes que touchantes. C'est un texte particulièrement juste et réfléchi, qui met bien en avant le contexte des sociétés occidentales et leur quête de reconnaissance sociale à tout prix.
 
Pour ma part, je suis ressortie de la salle en ayant pris une sorte de claque théâtrale. Il s’agit là d’une pièce qui bouscule un peu et qui nous interroge. Qu’est-ce que réussir sa vie ? Qu’est-ce que trouver sa voie ?
 
Sur ce, chers théâtreux, je vous dis à très vite, et au plaisir de se croiser dans une salle de spectacles, dans la vraie vie, ou bien ici-même, pour un nouveau récit d'aventure théâtrale.
 
Lauriane, aka La Théâtreuse en Baskets.
Retrouvez-moi également sur Instagram : @leguidedutheatreux
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À propos
Lauriane C.

Lauriane, théâtreuse passionnée, décortique et met en lumière le monde du théâtre. Pour ajouter plus de théâtre à la vie, parce que la vie est théâtre.
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