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Rencontre avec Isabelle, Artiste complète et Journaliste

Rencontre avec Isabelle, Artiste complète et Journaliste
Lors de cette interview, et même après, je me souviens avoir été touchée, émue, et avoir pris une dose d’adrénaline, d’énergie positive, et de positivité contagieuse, et à nouveau en la retranscrivant, en la relisant avant de la publier. J’espère qu’il en sera de même pour vous, chers lecteurs, après avoir lu cette nouvelle interview. Au travers ses mots et ses expériences, Isabelle confirme, à mon sens, ce pourquoi j’ai envie de défendre l’expression artistique et le théâtre, en quoi il est essentiel.
Danseuse, Chanteuse, Comédienne, Journaliste Culture, Créatrice du podcast « Viser la Lune », Isabelle Layer est une passionnée d’art et d’expression artistique, qui s’exprime à travers la réalisation de ses rêves. Une de ses missions, d’ailleurs, est de mettre en avant le rêve des autres et, en même temps, montrer aux gens que ça marche, que cela vaut la peine de croire en ses rêves.
Isabelle adore parler aux gens, partager, transmettre ce qu’elle a vu de la beauté du monde. Son rêve est de partager et transmettre toute cette beauté à travers ses modes d’expression, qu’ils soient journalistiques ou artistiques.

Pour moi, l’art est vital. Je pense que les artistes apportent cette part du monde qu’on ne prend pas forcément le temps de voir.

Comment est né ton amour pour le théâtre et le monde du spectacle ?
Du plus jeune que je me souvienne, j’ai toujours chanté, dansé, inventé des personnages. N’ayant pas eu une enfance très fun, je me réfugiais dans une autre réalité.
 
Mon tout premier souvenir était vers l’âge de 6 ans. J’étais abonnée au « Club Walt Disney », et à chaque anniversaire, on était invités à voir un grand dessin animé avec plein d’enfants. Un jour, un monsieur sur scène, qui présentait, a dit : « Qui veut venir sur scène pour chanter ? ». J’ai tout de suite levé la main sous le regard étonné de ma mère, car d’habitude j’étais timide. Je suis montée sur scène, et j’ai chanté « Au pays de Candy », le plus vite possible pour que cela passe vite. Mais j’avais envie de le faire. C’était très bizarre car j’étais très timide, mais en même temps irrésistiblement attirée.
 
Également, à 10-12 ans, avec mes cousins, je montais des spectacles lors de nos réunions familiales. Sans avoir pris de cours de danse, de chant ou de théâtre, je les embarquais, leur faisais faire des sketchs, des chorégraphies, etc. Quand tout était prêt, on installait les chaises de la grande maison de mon oncle, on rapatriait tous les adultes – ils n’avaient pas le choix que de venir nous voir – et on leur jouait le spectacle.
 
Je ne sais pas d’où ça sortait. Je n’ai personne dans ma famille dans le spectacle, ni personne qui m’y a accompagnée, mais c’était là.
Quel est ton rapport au théâtre et à l’art en général ?
Je ne peux pas vivre sans. J’ai essayé mais je ne peux pas. Je suis journaliste culture, et même si je suis hyper passionnée par ce que je fais, il y a un moment où ça revient à moi. Mon spectacle « Mademoiselle » est venu de là.
 
Pour moi, l’art est vital. Je pense que les artistes apportent cette part du monde qu’on ne prend pas forcément le temps de voir. Souvent, on court dans tous les sens : on ne voit pas nos vies, on ne se voit même pas soi-même. Puis, à un moment, on s’arrête pendant 1h30, dans une salle, et les artistes nous renvoient leur part d’humanité associée à ce qui les touche, à ce dont ils ont envie de parler, à ce qu’ils ont envie de partager, et qui, essentiellement, résonne en nous, même si ce n’est pas notre histoire, parce que ça résonne en nous.
J’ai énormément de respect pour les artistes parce qu’ils donnent une part d’eux puissante, ils réhumanisent la société et je trouve cela vraiment magnifique.
 
Pour l’être modestement, à ma manière, j’ai la sensation que c’est l’endroit où je donne le plus de moi-même sur scène, parce que tu dois tout donner et tu ne peux pas faire les choses à moitié. C’est ce moment où tu te mets à fond pour aller dans l’essentiel de toi, toucher l’essentiel de l’autre et du monde. C’est le moment où il y a cette connexion où l’on vibre tous ensemble à l’unisson, où toutes les humanités se rejoignent. On est tous ensemble au même endroit et j’aime cette beauté-là.
 
Ce cadeau que font les artistes est exceptionnel. Un monde sans l’art, ce serait un monde où il manquerait une part d’âme. L’art nous connecte à quelque chose qui nous dépasse et qui nous relie à l’autre.
Que t’inspire la scène, que ce soit en tant qu’artiste ou en tant que spectatrice ?
La scène c’est ce moment unique où l’on est en connexion absolue avec l’autre, et où, quand l’autre vient te voir, c’est qu’il te fait confiance et va te consacrer un moment de sa vie. Il y a ce quelque chose de positif où il t’accepte inconditionnellement, sans barrière.
On est alors tous dans cette acceptation inconditionnelle de l’autre pour vivre ensemble un moment, une aventure, une expérience. En tant qu’artiste, tu emmènes les autres dans ce moment, et tu relies tout le monde.
Je trouve que c’est une chance exceptionnelle de pouvoir vivre ces moments-là.

Petite j’étais méga timide, très mal dans ma peau, je parlais très peu, je restais dans mon coin, je ne trouvais pas ma place. Mais quand je dansais, je trouvais l’endroit où je n’avais peur de rien, où l’on ne pouvait rien me prendre et où j’étais à ma place dans le monde.

En tant qu’artiste, as-tu un rituel avant de monter sur scène ?
Sur le spectacle « Mademoiselle », par exemple, j’arrivais très tôt parce que j’avais besoin d’avoir mon moment avant : je me prépare, je me maquille, je fais une italienne, je chante, je deviens Mademoiselle. C’est une sorte de moment de transition entre ma vie et l’histoire qu’on va raconter. C’est entrer doucement dans la peau du personnage de Mademoiselle avant que mes partenaires n’arrivent. C’est presque un moment méditatif, et de transformation. Puis 1h à 1h30 après, quand les garçons arrivent, il y avait aussi ce moment de retrouvailles qui est génial.
 
Puis, avant de monter sur scène, on se met entre nous sur la même vibration, pour entrer en scène dans la même énergie. Ce deuxième moment-là est aussi important pour moi car on entre dans le voyage ensemble, au même diapason.
En tant que spectatrice, qu’aimes-tu voir et ressentir quand tu vas au théâtre ?
J’aime tout voir et je suis curieuse de tout. Je n’aime pas trop connaître l’histoire avant et j’adore être embarquée dans une aventure et tout oublier. J’ai beau avoir vu beaucoup de spectacles et avoir un esprit assez analytique, mais quand tout est beau et que tout vibre d’une manière juste, j’oublie tout et je pars en voyage.
 
J’adore quand cela parle de l’humanité profonde, par le rire ou par l’émotion, et que l’artiste ou les artistes réussissent à nous m’embarquer dans leur univers. Cela me touche profondément.
Je pense notamment à des pièces comme « Le Porteur d’Histoire », « Marie des Poules », « Est-ce que j’ai une gueule d’Arletty ? », Eva Rami dans « T’es Toi ! »... L’humanité profonde de ces spectacles m’a mis les larmes aux yeux, parce qu’elle nous relie, qui que l’on soit et quelle que soit notre histoire.
 
Au fond de chacun de nous, il y a ce point commun qui fait que – quand c’est sincère, vrai et bien joué – c’est un voyage au-delà de nous-mêmes.

Ce cadeau que font les artistes est exceptionnel. Un monde sans l’art, ce serait un monde où il manquerait une part d’âme. L’art nous connecte à quelque chose qui nous dépasse et qui nous relie à l’autre.

Quelles sont tes inspirations artistiques ?
Etant dans le spectacle musical, j’aime beaucoup Liza Minnelli. Il y a aussi des chanteuses telles que Ella Fitzgerald ou Barbara Streisand.
 
Marilyn Monroe m’a énormément touchée car c’est la personne qui a été la plus aimée au monde et qui -paradoxalement- souffrait du plus grand manque d’amour. Malgré tout, elle a réussi à transformer son destin, parce qu’elle a cru en son rêve, c’est beau.
 
Frank Sinatra, qui est ma base : quand je dois travailler une chanson, je vais voir s’il l’a chantée. Je commence par écouter ce qu’il a fait, car c’est toujours propre, carré, net, et ensuite je travaille à ma façon.
 
Il y a aussi Madonna, Michael Jackson, Janet Jackson, Robbie Williams... et aussi les grandes voix dont je ne me lasse pas comme Céline Dion, Lara Fabian, Christina Aguilera ou Lady Gaga...
 
Plus généralement, c’est le côté « artiste complet » qui me parle profondément parce que ce sont mes modes à moi.
Y’a-t-il un / des lieu(x) culturel(s) t’a / t’ont marquée en particulier ?
Les Opéras, en général. Je vais citer le Théâtre Royal de La Monnaie à Bruxelles (qui est un opéra) où j’ai eu la chance d’être engagée en tant que danseuse soliste dans « La Traviata ». Cela a été une expérience extraordinaire.
Également, la première fois que je suis venue à Paris, à la station Opéra, je suis sortie de cette bouche de métro, j’ai vu l’opéra, et je me suis dit : « Je veux vivre ici. ». Le lieu est majestueux, grandiose. Les spectacles y sont aussi grandioses.
Est-ce qu’il y aurait eu trois moments décisifs qui ont marqué ta carrière ?
- La révélation a été, pour moi, la danse, que j’ai commencé assez tard, vers 15-16 ans, même si je dansais et chantais déjà chez moi depuis toujours ! Petite j’étais méga timide, très mal dans ma peau, je parlais très peu, je restais dans mon coin, je ne trouvais pas ma place. Mais quand je dansais, je trouvais l’endroit où je n’avais peur de rien, où l’on ne pouvait rien me prendre et où j’étais à ma place dans le monde. En dansant je n’étais plus timide du tout, et je pense que danser et chanter m’ont sauvé la vie.
 
- Un autre moment vers mes 18 ans a été quand j’ai été engagée comme semi-pro, avec d’autres copains, dans une compagnie professionnelle. C’était une chance formidable. On commençait une des chorégraphies par une sorte de pose. Un jour, en spectacle, je prends la pose, j’étais fière et heureuse d’être sur scène. Et là, je vois devant moi une des danseuses professionnelles qui tremble. J’ai eu un choc parce que moi, je n’étais pas dans la peur mais dans le bonheur et la joie. J’avais la sensation d’être à ma place.
Evidemment on a toujours un peu la pression avant de monter en scène mais c’est ma maison : je veux y être car j’y suis bien et heureuse. Je n’ai pas peur du public. Au contraire, j’adore partager avec les gens. Je veux y aller pour partager et vivre ce moment.
 
- Mon expérience au Théâtre Royal de La Monnaie à Bruxelles, dont je parlais précédemment, et qui a été incroyable. Un jour, j’apprends qu’il y a une audition et que c’est Michel Sebban, l’assistant de Redha (chorégraphe très connu à Paris à cette époque) qui fait passer l’audition. Ils cherchaient une  danseuse, une seule ! J’ai tout donné et ils m’ont choisie ! Quel bonheur ! J’ai donc été engagée comme danseuse soliste pour l’Opéra « La Traviata ». Un moment fort était le duo avec le chanteur soliste : on était tous les deux sur une zone supérieure de la scène, avec tous les chanteurs du chœur en bas. A un moment j’avançais et tombais dans le chœur qui me transportait, parallèle au sol, tout en chantant. J’ai ce chœur, ces voix qui me traversent le corps. Je ressens leurs vibrations. C’est une expérience transcendante.
 
- Il y a le spectacle « Mademoiselle » aussi, notamment le moment où on a été nommés aux « P’tits Molières ». C’était très fort, et j’en ai pleuré d’émotion, aussi parce que j’ai su qu’ils aient compris le message que je voulais transmettre : « Croyez en vos rêves. »

Au théâtre,c’est le moment où il y a cette connexion où l’on vibre tous ensemble à l’unisson, où toutes les humanités se rejoignent. On est tous ensemble au même endroit et j’aime cette beauté-là.

Aurais-tu une autre petite anecdote à nous raconter, de scène ?
- Dans le spectacle « Mademoiselle », à un moment, au début, je suis assise près de Vincent qui est au piano et je commence « Mon cœur bat pour mon daddy », l’adaptation que j’ai faite de la chanson de Marilyn Monroe ("My heart belongs to daddy"), où Mademoiselle parle de son père. C’est une chanson swing mais assez douce. En pleine chanson, la musique s’arrête. Je continue comme si de rien n’était en me demandant ce qui se passe. Puis j’entends Vincent Gaillard au piano, en train de taper sur ses touches sans que le son ne sorte. Je comprends qu’il y a un problème. Je continue tout de même de chanter, toujours dans mon personnage. Comme c’est une chanson calme, je me dis que ça peut passer. Tout en chantant, je me remémore ce qu’il y a ensuite – un texte puis une autre chanson – je cogite sur ce que je dois faire si jamais la musique ne revient pas. Après la chanson, je joue la petite scène, tandis qu’on s’agitait en régie ! Suspense ! Puis arrive la chanson suivante, je me place, tout en me demandant à si la musique va arriver... ou pas. Et là, la musique commence... et le spectacle reprend son cours, jusqu’à la fin cette fois !
Ce qu'il s’est passé, c’est que le branchement du piano avait été couplé avec celui de la climatisation, et ils avaient éteint la climatisation.
Après le spectacle, j’étais hyper contente de ne pas m’être laissée perturber et d’avoir continué. En fait, j’adore ces moments d’adrénaline où il faut tout de suite réagir. On se sent pleinement vivant !
 
- Il y a également eu une période où j’étais danseuse au Paradis Latin. Il y avait les mannequins et il y avait les danseuses. On faisait tous les soirs le même spectacle, où il n’y a pas de personnage à défendre. Le risque sur ce type de spectacles, qui malgré tout reste une superbe expérience, est de s’ennuyer si l’on ne sait pas pour quoi on le fait. Pour garder la passion et l’envie de monter sur scène, j’ai trouvé un système : chaque soir, je choisissais une personne sympa dans la salle (souvent une mamie ou un papy) et je jouais pour elle. Pendant tout le spectacle, quand je passais près d’elle, je lui faisais un petit clin d’œil ou un grand sourire. J’ai vu dans tous ces yeux tant de bonheur à avoir un échange « personnel » avec une des artistes du show ! Ce qui me donnait, à moi aussi, un plaisir immense. Dès lors, je savais pourquoi je faisais chaque spectacle : pour offrir ce cadeau-là à une nouvelle personne chaque soir.
Portrait Chinois :
...si tu étais un film : le film musical Cabaret, avec Liza Minnelli – pour ce côté glamour que j’adore, mais aussi inventif et hors conventions. Egalement cet esprit de fête et de joie qui recèle en son sein le drame de chaque personnage. Et puis ce message profond et puissant qui alerte sur la folie humaine. J’adorerais jouer le personnage de Sally Bowles… sa joie, ses désespoirs, sa résilience… et évidemment son côté show girl avec toutes ces chansons plus incroyables les unes que les autres et qui me transpercent !
 
...si tu étais une chanson : Singin’ in the rain - parce que j’ai ce côté hyper positif. J’essaie de voir le positif dans tout. Même quand il pleut, je vois le soleil.
 
...si tu étais un spectacle ou une pièce de théâtre : ce serait un spectacle d’une femme qui part à la conquête de ses rêves. Par exemple, Funny Girl avec Barbara Streisand – l’histoire d’un rêve, le fait d’y croire et de ne pas renoncer à son art.
 
...si tu étais un personnage : Amélie Poulain – parce qu’elle fait le bien, inconditionnellement, par idéal et pour la beauté du geste.
 
...si tu étais un livre : un livre qui fait du bien, L’homme qui voulait être heureux de Laurent Gounelle – parce que c’est l’histoire de quelqu’un qui ne voit pas tout de suite le pouvoir qu’il a sur sa vie, et qui, à la suite d’un voyage à Bali, va le comprendre et va prendre sa vie en mains. C’est l’histoire d’une transformation par une prise de conscience. Et à partir de là, tout est possible.
 
...si tu étais une citation : « Visez la Lune… au pire, vous atteindrez les étoiles. » d’Oscar Wilde.
Et une phrase de Philippe Noiret : « Le voyage est court, essayons de le faire en première classe. ». Pour moi, la première classe, je la prends au sens humaniste : faire le bien, être quelqu’un de bien, essayer de contribuer à un monde meilleur. Et ma manière à moi, c’est d’essayer d’insuffler du positif à travers tout ce que je fais et aussi de transmettre le plus largement possible ce message, si cher à mon coeur : « croire en ses rêves, ça change la vie ». Et je suis bien placée pour en parler !

Croyez en vos rêves. 

Isabelle Layer

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À propos
Lauriane C.

Saltimbanque, Runneuse, Optimiste... Lauriane, humaine au cœur tendre, passionnée de spectacle vivant, décortique et met en lumière le Théâtre.
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