By Julien M., rédacteur invité (avec la participation de Lauriane C.)
Chers Théâtreux,
Dans cette nouvelle lettre, je vais vous parler de musique classique, de piano, du célèbre compositeur Wolfgang Amadeus Mozart, de pédagogie accessible et ludique, et surtout d’un spectacle pétillant, drôle et instructif porté par le talent de conteur d’un artiste virtuose. C’est ce que j'ai pu ressentir en me rendant au Studio Raspail pour y découvrir “Mozart, moi ? Jamais !”, one-piano-show de François Moschetta, co-écrit avec Camille Moschetta, et mis en scène par Gil Galliot.
Pianiste classique un brin rebelle, François n’aimait pas Mozart… jusqu’au jour où tout a basculé ! Entre confidences, éclats de rire et passages virtuoses, il nous entraîne dans un voyage aussi tendre qu’inattendu, où l’histoire du plus facétieux des génies résonne avec sa propre histoire… et peut-être la vôtre ?
Un moment de grâce, d’humour et de partage qui redonne vie à Mozart comme jamais. Préparez-vous à être surpris, émus… et conquis.
Ce spectacle me fait tout d’abord songer à un film formidable… Le Cercle des poètes disparus. Ce film qui parle de rendre vivant notre amour pour la poésie et l’art, pour le beau…et qui encourage à désacraliser l’ordre établi.
Avec ce film, on comprend qu’il y a ceux qui se sentent bien (ou pas) dans les cases, ceux qui les réinventent, ceux qui passent d’une case à l'autre… et puis il y a ceux qui préfèrent les traverser toutes.
Ce film est une ode à celles et ceux qui refusent de rentrer dans une case, de choisir un seul chemin, convaincus que certaines des plus belles choses naissent lorsque les arts, les disciplines, les sensibilités et les idées se rencontrent plutôt que de s'opposer.
Eh bien, il me semble que c’est un peu cet état d’esprit qui pourrait s’appliquer au spectacle “Mozart, moi ? jamais !” qui fait si bien se rencontrer des disciplines différentes plutôt que de les opposer.
Un spectacle qui désacralise un peu les codes des spectacles de musique classique - comme le relève aussi avec humour Ouest-France dans un article de 2025 : “La logique aurait voulu que François Moschetta soit éligible aux Victoires de la Musique Classique, un jour peut-être. Mais cette année, c’est aux Molières du théâtre que le musicien se retrouve éligible avec son spectacle “Mozart, one piano show”.
Brillant musicien, issu du Conservatoire de Toulouse, puis du Conservatoire Supérieur National de Paris, François Moschetta a commencé à suivre le parcours habituel pour ses études, fait de concours internationaux, des récitals, des festivals classiques, etc., tout en commençant déjà à agrémenter ses spectacles d’humour et de petites anecdotes, pour présenter les œuvres.
Lorsque le confinement vient l’empêcher d’émouvoir et de transmettre, il s’amuse alors à expérimenter, en créant la chaîne YouTube “Un pianiste qui parle” , et s’amuse à pousser le curseur de la théâtralité jusqu’au moment où il écrit ses premiers spectacles.
Pourtant, avant d’écrire “Mozart, moi ? Jamais !”, son one-piano-show dont nous parlons ici, François Moschetta ne s'intéressait pas à l'univers de Mozart. Ce “geek du piano”, selon ses mots, ne jurait que par Alexandre Scriabine et Sergueï Rachmaninov.
Mais comme il ne faut jamais dire jamais - surtout si on sait garder l’esprit ouvert et curieux, notre musicien finit par se rendre compte que parfois, plus on s’éloigne de quelque chose, plus on s’en rapproche… Et, si on ne dévoile pas la genèse de cette épiphanie, pour laisser l’émotion de cette surprise aux spectateurs, on peut du moins confirmer que notre musicien espiègle et curieux a compris que Mozart n’était finalement pas un archétype fade…
Et pour autant, aucune envie de retomber dans les excès de la sacralisation excessive, qui éloigne l'œuvre de notre Mozart surdoué et inventif d’un public trop souvent intimidé.
Car c’est l’une des craintes de François Moschetta, depuis longtemps : que la musique classique ne rebute par des codes qui s’adressent aux initiés... alors qu’avec un peu d’humour, tout passe mieux !
Elle nous parlait de Maupassant comme si elle l’avait connue. On l’écoutait comme une histoire, et tout le monde s’est mis à lire Maupassant ! Dès qu’on utilise les bonnes formes, le bon langage, on peut amener des matières pointues au plus grand nombre.
Ainsi, dans ce spectacle, foncièrement original, François Moschetta ne se contente pas d’être un brillant musicien ou un homme de théâtre rayonnant : il mêle avec virtuosité musique classique, stand-up et théâtre, usant de sa voix tel un conteur passionné, avec un humour rafraîchissant, et nous proposant une construction qui combine le récit à la musique.
Ce faisant, il remet en perspective l’histoire de Mozart, non pas comme un “dieu mythologique” mais comme un humain exceptionnel dont l’histoire peut nous apprendre beaucoup, autant qu’elle lui a appris beaucoup dans sa propre carrière de musicien, et dans la construction de sa sensibilité musicale.
Et, par cette construction scénique, il ne se “contente” pas de rendre vivante une brillante vulgarisation historico-musicale (ce qui serait déjà formidable), mais il amène aussi une réflexion personnelle et savante, et l’émotion de la musique vient enrichir la réflexion, en nous permettant de nous l’approprier mieux encore.
Tout doit coexister. Mais plus il y aura de formes de partage de la musique classique, plus elle sera vivante. La musique ne doit pas se diviser. Elle doit se multiplier tant elle nous dit de choses et nous donne accès à la connaissance sensible.
Car c’est bien d’amour de la musique qu’il s’agit ! Ici, il ne s’agit pas de mépriser les codes de la musique classique. Ici, il s’agit de désacraliser, à travers l’humour, et on rit aux éclats !
Si vous connaissez déjà les références, les codes, vous rirez d’autant plus que sa gaieté pleine d’authentique curiosité vous fera lâcher prise. Si vous ne les connaissez pas, pas d’inquiétude, il saura vous montrer ses talents de pédagogue, et vous rirez autant que vous apprendrez !
Et par ce rire plein de respect, on ne s’éloigne pas de cet univers, mais au contraire, il crée une connivence, une complicité, et celle-ci nous fait entrer dans cet univers la tête la première ! C’est là la grande leçon de l’humour : en libérant le spectateur de sa timidité, il ne brise pas le charme, mais renforce l’amour de la musique.
Ce conteur de la vie de Mozart, au travers des liens qu’il fait entre son itinéraire et celui de Mozart, nous transmet surtout une approche essentielle : la musique, classique ou non, est universelle, et se l’approprier n’est pas une façon de la faire chuter de son piédestal, mais de l’aimer sincèrement, sans posture, de façon vivante, et d’y trouver quelque chose qui nous correspond et nous fait mûrir.
En bref, pourquoi je recommande ce spectacle ?
“Mozart, moi ? Jamais !”, c’est une proposition artistique novatrice qui conjugue à merveille l’exigence de la musique classique - et plus particulièrement du piano, avec la fraîcheur du stand-up et de l’humour. C’est notamment un excellent spectacle pour les adultes mélomanes, mais aussi pour la pédagogie des enfants et adolescents, et des non-initiés, dans leur éveil à la musique.
François Moschetta, à travers ce spectacle, réussit avec brio à nous émerveiller et à nous approprier l’amour de la musique… et ce, que vous soyez passionné de musique classique ou complètement étranger à ce domaine.
Sur ce, je vous dis à très vite, et au plaisir de se croiser dans une salle de spectacles, dans la vraie vie, ou bien ici-même, pour un nouveau récit d'aventure théâtrale.
🗓 du 31/05/2026 au 28/06/2026, les dimanches à 15h
…et également en tournée.
✨✨✨✨✨
A l'attention des programmateurs, pour découvrir ce spectacle et l’amener dans votre ville et/ou lieu de spectacle, je vous invite à prendre contact avec : Véronique GUIMARD - veronique@talentplus.fr & diffusion@talentplus.fr.
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À propos
Lauriane, théâtreuse passionnée, met en lumière le monde du spectacle, pour ajouter plus de théâtre à la vie et plus de vie au théâtre.
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