Dans cette nouvelle lettre, je vais vous parler de scènes cultes du cinéma, de poésie, d’un duo de clowns déjantés et attachants, et surtout d’un spectacle qui rassemble par le rire et la joie. C’est ce que j’ai pu ressentir lorsque je suis allée au Festival OFF d’Avignon pour y découvrir “Ultrason et Champion font leur cinéma”, spectacle créé et interprété par Lydie Gustin (alias Ultrason) et Francis Albiero (alias Champion), de la Compagnie Les Deux de la Spontanée.
Devant nos yeux exorbités (c’est lui qui le dit), Ultrason et Champion constituent le premier duo cinématographique du monde ! Ne faisant pas les choses à moitié, ils osent évoquer les plus grands réalisateurs : Jean Luc Godard, Otto Preminger, Paul Veroven et même le gigantesque STREVEN SPRIELBERG (c’est elle qui le dit).
Lui, c’est un faiseur de bobines, un monteur d’interviews pré-mâchées pour les spectateurs, un vrai découvreur de fausses stars. Elle, c’est L’ARTISTE ABSOLUE, pouvant reprendre sans trembler les rôles de Marilyn Monroe, Brigitte Bardot ou autre Sharon Stone.
Vous l’aurez compris, ces deux artistes consacrés rendent un hommage appuyé au septième art, mais aussi au huitième, au neuvième, au dixième...
Si j’ai été attirée par le spectacle “Ultrason et Champion font leur cinéma” (qui, d’ailleurs, a été mon tout premier spectacle de cette édition 2026 du Festival OFF d’Avignon), c’est avant tout parce qu’il met à l’honneur l’art du clown… un art qui me touche profondément… Parce qu’il y a, derrière ce nez rouge, une infinie sensibilité, une capacité à transformer les fragilités en poésie et les maladresses en force… Parce que le clown a cette capacité à embarquer le spectateur dans un univers à la fois poétique et déjanté, par le langage du corps, les mimiques, les expressions, le jeu… Parce que le clown nous invite à lâcher prise et à retrouver notre regard d’enfant, en acceptant de faire tomber les barrières de notre imaginaire... Alors, quand deux clowns décident de rendre hommage au Septième Art, la promesse est déjà belle !
Avant même que le spectacle ne commence, Ultrason et Champion nous accueillent devant la salle, le public devient un peu complice, chacun reçoit son pop-corn… puis nous nous installons sur des airs de films de Pierre Richard (belles références pour un spectacle de clowns, je dois dire).
Roulement de tambour et rugissement de clown-lion, Ultrason et Champion nous entraînent dans leur propre Festival de Cannes… Une cérémonie où Brigitte Bardot, Marilyn Monroe, Sharon Stone, ou encore “E.T.”, viennent faire un détour inattendu dans leur univers… Un moment de théâtre où quelques scènes cultes du cinéma deviennent un formidable terrain de jeu… des scènes revisitées par ces deux clowns de manière jubilatoire.
Et puis, avec ces deux clowns, la complicité est palpable… Ultrason et Champion nous transmettent aisément leur enthousiasme communicatif et leur joie de vivre contagieuse. On se laisse entraîner dans leurs aventures burlesques et cinématographiques.
L’idée du spectacle “Ultrason et Champion font leur cinéma” (qui a eu une vingtaine de versions différentes) est née du plaisir de redécouvrir des grands classiques du cinéma et d’en rejouer des scènes emblématiques avec l’énergie décalée des clowns. Entre interviews, tournages et répétitions imaginaires, le duo compose un spectacle où le cinéma devient un terrain de jeu joyeux et burlesque. On y retrouve notamment des références telles que “Le Mépris” (de Jean-Luc Godard), “Basic Instinct” (de Paul Verhoven), ou encore “La Rivière sans retour” (de Otto Preminger)...et bien évidemment Streven Sprielberg !
Pour ma part, j’ai eu le sentiment d’assister à une véritable déclaration d’amour au cinéma, et plus généralement à l’ensemble des arts vivants : le Septième Art y est célébré avec tendresse et malice, et ce spectacle montre aussi - à travers le théâtre et le clown - le plaisir de jouer, de créer, d’imaginer, de partager quelque chose tous ensemble, et cette force de réunir des inconnus autour d’une même émotion.
En outre, avant tout joueur, le clown observe, réagit et transforme ce qui l’entoure en terrain d’expérimentation : avec leur clown respectif - Ultrason et Champion - Lydie Gustin et Francis Albiero s’amusent avec les codes du cinéma, à travers la parodie et le pastiche, invitant le spectateur à retrouver le plaisir de découvrir ou redécouvrir des œuvres cultes, et de se laisser emporter par la magie du cinéma… le tout sublimé par l’humour absurde et la poésie du clown.
Et c’est sans doute l’une des choses qui m’a le plus touchée au cours de ce spectacle : j’ai retrouvé cette sensation si particulière que me procurent les spectacles de clown… celle de voir le monde sous un angle plus décalé, poétique et drôle... Je suis ressortie de la salle avec le sourire et une certaine euphorie du moment, avec cette impression réconfortante que l’émerveillement est toujours à portée de main, à condition de lui laisser une place.
En bref, pourquoi je recommande ce spectacle ?
“Ultrason et Champion font leur cinéma”, c’est une proposition artistique tendre, poétique et déjantée, une belle ode au Septième Art avec des références mémorables, le tout porté par un duo de clowns généreux, un jeu et une expressivité remarquables, et un enthousiasme communicatif. Un spectacle pour toutes celles et ceux qui aiment le cinéma, mais aussi qui sont sensibles à la magie des arts vivants en général.
Voici un spectacle à qui l’on remet volontiers l’“Oscar du César de la Meilleure Palme de l’Année”.
Sur ce, je vous dis à très vite, et au plaisir de se croiser dans une salle de spectacles, dans la vraie vie, ou bien ici-même, pour un nouveau récit d'aventure théâtrale.
A l'attention des programmateurs, pour découvrir ce spectacle et l’amener dans votre ville et/ou lieu de spectacle, je vous invite à prendre contact avec : production@laspontanee.fr.
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À propos
Lauriane, théâtreuse passionnée, met en lumière le monde du spectacle, pour ajouter plus de théâtre à la vie et plus de vie au théâtre.
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