J’ai découvert l’univers poétique de Stan il y a maintenant plus de 10 ans, et lorsque j’ai appris qu’il présentait un nouveau spectacle à Avignon, je n’ai pas hésité une seconde à y aller. Et quelle bonne idée d’avoir suivi cette intuition, car je crois bien que ce spectacle est devenu un véritable coup de cœur.
Après avoir exploré notre rapport à l’art et à la beauté dans son précédent spectacle, il se penche aujourd’hui, avec “Excusez-moi, pardon”, sur la question de la gentillesse. Il y évoque ces situations où l’on s’excuse presque d’être là, ce besoin constant de ne pas déranger et de faire passer les autres avant soi, même lorsque cela finit par nous desservir.
Ce spectacle conjugue merveilleusement bien les mots, les émotions et le mouvement. Stan y enchaîne récit, poésie, rap et danse avec une fluidité remarquable. Pendant plus d’une heure, il occupe la scène avec une énergie débordante, impressionnante...En associant récit, humour, poésie et danse, il crée un univers singulier où les différentes formes d’expression se complètent naturellement pour émouvoir, faire rire et réfléchir.
Ce qui m’a aussi beaucoup touchée, c’est la place qu'il accorde à l’art et aux œuvres dans son récit. La création y apparaît comme un refuge, mais aussi comme une manière d’appréhender le monde autrement. Cette idée est parfaitement résumée par cette phrase qui traverse le spectacle : “Quand je vois tout en noir, j’essaie de voir tout en art.” ...Une formule simple et poétique qui m’a marquée et que je garde dorénavant notée dans un coin de carnet pour y repenser régulièrement.
J’ai également été marquée par l’amour qu’il porte au théâtre et aux arts de la scène. On sent à quel point il croit en leur capacité à faire du bien, ce quelque chose de magique qu’apportent les arts à rassembler, à créer du lien et à faire naître des émotions partagées.
Dans ce spectacle, il aborde aussi des thèmes plus personnels, comme la santé mentale, l’hypersensibilité ou le TDAH. Au fil du spectacle, ces expériences deviennent le point de départ d’une réflexion plus universelle sur notre rapport à nous-mêmes et aux autres.
J’ai également apprécié son regard sur le développement personnel. Le spectacle prend du recul sur cette injonction permanente à devenir une meilleure version de soi-même et ouvre une autre perspective : celle du développement collectif.
Pendant le spectacle, j’ai beaucoup ri, mais j’ai aussi été profondément touchée par la générosité qui s’en dégage. A travers son regard, il rappelle que la gentillesse et la sensibilité sont peut-être une véritable manière d’être au monde.
En bref, pourquoi je recommande ce spectacle ?
“Excusez-moi, pardon”, c’est une proposition artistique aussi drôle que touchante, qui mêle théâtre, poésie et danse avec une grande dextérité. En faisant l’éloge de ces choses essentielles que sont la gentillesse, la sensibilité, l'amitié et le pouvoir de l'art, Stan nous invite à regarder le monde autrement, sans jamais perdre de vue ce qui nous relie les uns aux autres… A travers cette ode à la gentillesse, il y défend avec humour et poésie cette idée que l'on peut apprendre à prendre sa place dans le monde sans renoncer à sa douceur.
Bref, un spectacle solaire et inspirant qui fait rire, réfléchir et ressentir, qui parle de sujets profondément humains avec sincérité et légèreté, et qui réchauffe le cœur.
Une véritable pépite théâtrale que je ne peux que vous recommander de découvrir à votre tour !
Sur ce, je vous dis à très vite, et au plaisir de se croiser dans une salle de spectacles, dans la vraie vie, ou bien ici-même, pour un nouveau récit d'aventure théâtrale.