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Rencontre avec Alexia Degrémont

Rencontre avec Alexia Degrémont
Parmi mes plus belles découvertes et rencontres artistiques et notamment parmi les personnes qui m'inspirent, j'ai eu la chance de rencontrer Alexia Degrémont : danseuse et comédienne, à quelques heures de la dernière représentation de "Priscilla, Folle du Désert", le samedi 7 juillet dernier. C'est dans ce bel écrin qu'est le Casino de Paris qu'elle a accepté de répondre à quelques questions.
Je te découvre grâce à la comédie musicale « Priscilla, Folle du Désert ». Qu’est-ce qui t’a séduite dans ce spectacle ?
J’ai été très séduite par ce projet car j’avais tout d'abord adoré le film Australien, et de plus je suis une adepte des musiques des années 80 (« It’s raining men », « I will survive », "Hot stuff "etc.) 
J’ai été également séduite par l'ambition de ce projet, pour la première fois en France, on amène un vrai concept de comédie musicale un peu à l’américaine : on a la chance d’avoir des décors incroyables, avec un vrai bus sur scène, des écrans vidéo à travers le décor, plus de 500 costumes, 300 perruques…
Etant comédienne et danseuse – et même si cela fait beaucoup d’années que je travaille maintenant plus en tant que comédienne – le fait de revenir sur les planches en dansant, en jouant, et chantant dans un spectacle de cet envergure, est un vrai bonheur.
 
Après 150 dates au Casino de Paris, nous arrivons aujourd’hui à la dernière représentation parisienne. C’est assez rare qu’un spectacle musical dure aussi longtemps. Comment as-tu vécu cette année et demi de show ?
Ce soir c’est la dernière, et c’est tellement énorme de vivre une aventure comme celle-ci qu'il est difficile de réaliser que c’est la dernière.
On a une chance incroyable d’avoir un producteur formidable comme Claude Cyndecki qui est un vrai passionné et qui a permis à ce spectacle de vivre pendant un an et demi. C'est aussi une aventure humaine énorme tant avec les artistes qu'avec toutes les personnes qui ont permis à ce spectacle d'exister.
Il y a aussi les retours si touchants des spectateurs et l'émotion qu'ils nous renvoient. La semaine dernière, il y a une dame qui à la sortie m'a dit « ça vaut trois heures de thérapie ! ». Je pense que c’est la plus belle récompense de voir les gens si heureux en sortant et portés par une énergie incroyable comme ils disent, "une joie de vivre". Je pense que c’est le plus beau cadeau qu’on puisse avoir en retour. Et ce spectacle est aussi et surtout un vrai message de tolérance, d’amour, de liberté de vivre : c’est ça la force de « Priscilla, Folle du Désert ».
 
Y’a-t-il un moment que tu aimes particulièrement dans le spectacle ? As-tu une anecdote à nous raconter ?
Il y en a tellement !!!! Ce que je retiendrais surtout, c’est l’énergie incroyable qui est née de ce spectacle, ce qu’on vit sur scène est juste magique, mais aussi ce qu’on a vécu en backstage ;). Et cette émotion si forte chaque soir avec le public transporté des larmes aux rires c'est ça la magie de "Priscilla folle du désert".
On peut te retrouver en alternance dans les rôles de Marion (la maman de Benji et femme de Dick) et de Shirley (la femme raciste et homophobe). Comment as-tu appréhendé ces deux personnages ?
Ce sont deux personnages complètement opposés et c'est ça qui est super à jouer. Il y a cette maman (Marion) qui est jeune femme pleine d’énergie, pleine de joie de vivre, elle a développé cette amitié si forte – un amour en quelque sorte – avec Dick, qu'ils ont décidé il y a quelques années d’avoir un enfant malgré leur différence et leur vie. Mais cet enfant a grandi et a besoin de voir son père maintenant. Marion est vraiment un beau personnage à jouer avec une grande force intérieure, un côté très business, c'est elle qui dirige tout professionnellement et sentimentalement, et en même temps elle possède toute la douceur et l'amour d’une maman. 
 
En revanche, Shirley est complètement différente. Ça été pour moi quelque chose de vraiment incroyable à jouer car c’est un vrai personnage de composition. C’est un personnage haut en couleur : me retrouver dans le corps d’une femme de 120 kg, raciste, homophobe, et en même temps drôle, touchante, et qui embarque les gens dans son bar de Broken Hill, c’est juste extraordinaire.
Ce personnage est une performance, cela controverse les préjugés auxquels on peut parfois être confronté en tant que comédienne.  Au départ, ce n'est pas vraiment un rôle dans lequel on m'aurait distribué. Mais cela montre qu’un comédien est un caméléon : je change ma voix tous les soirs, j’incarne ce personnage qui est complètement à l’opposé de ce que je suis. Je travaille sur son poids, sa dérision, son "sans filtre" et je prends vraiment un grand plaisir  à incarner ce personnage-là.
Le merveilleux de ce métier est qu’on peut s’embarquer et se faire vivre des choses dans des directions  incroyables. Il y a un exemple que je reprends souvent avec cette merveilleuse actrice Charlize Theron que j'adore, et qui pour moi est  fabuleuse pour cela – Dans le film « Monster », c'est une performance incroyable qu'elle réalise. Pour moi, elle fait partie des plus grandes actrices.
Plus généralement, qu’est-ce qui t’a poussée à aller vers les métiers du spectacle ?
J’ai commencé à danser très jeune, à l'âge de 4 ans et demi, puis j’ai fait dix ans de Sport Etudes en Danse classique / moderne jazz / contemporain. Je pensais vraiment me destiner à une carrière de danseuse. Puis la vie m'a porté également vers une carrière d'actrice en étant choisie pour jouer le rôle de Manon pendant quatre ans dans la série « Chance » sur France 2, où je jouais et dansais. Suite à cela, j’ai fait ma formation de comédienne pendant trois ans au Studio Pygmalion, ainsi que de nombreux stages d’acting, puis j’ai commencé à tourner pas mal de séries – TF1, France 2, France 3, à jouer au théâtre et à faire du cinéma… C’est comme ça que ma carrière s’est lancée.
 
Photo : Bernard Fau
Est-ce tu fais ce métier par passion ?
Oui, complètement par passion… Au début, pour la danse, ça a été par plaisir et je me suis rendue compte que l'artistique en général était une vraie passion.
 
Tu l’as déjà un peu évoqué tout à l’heure avec Charlize Theron, mais quelles sont tes influences dans ce métier ?
Oui j'aime effectivement les  acteurs « caméléons ». Ceux qui nous embarquent dans leur univers, et nous emmènent là où on ne les attend pas, ou encore des acteurs vraiment incarnés comme Sean Penn, Naomie Watts, Benicio Del Toro, Robert De Niro…..
 
De quel métier artistique te sentirais-tu plus proche ?
C’est difficile de faire un choix parce que tout se complète et puis une chose amène une autre, la danse m’a par exemple beaucoup aidée dans mon métier d’actrice.
J’aime la danse pour pouvoir exprimer des choses avec mon corps, et à travers mon métier d’actrice je me permets de vivre des choses que je ne vivrais pas dans ma vie de tous les jours, je me permets de me faire voyager, d'explorer  et d’incarner des personnages, de comprendre leur psychologie, et d’aller chercher leur état, leur passé, leur imaginaire…c’est ça qui me fait vibrer à travers ce métier.
Quelle serait ta plus belle expérience, ton projet le plus fou dans ce métier ?
Plein de choses pour différentes raisons…
Pour le projet le plus fou, je peux dire pour sûr « Priscilla », c’est un challenge énorme d’amener un projet comme ça sur une scène à Paris et également comme je l'ai dit précédemment le challenge fou d'incarner le personnage de Shirley.
Photo : Lou Sarda
Une belle expérience également, récemment en tant qu’actrice : je joue un rôle principal dans un film en Italie "Rapiscimi". J’y joue en italien et en portugais et ce fut un vrai challenge en quelques semaines de jouer en portugais. Et comme c’est une co-production « Portugal – Italie », je ne pouvais pas me permettre d’avoir un portugais approximatif.
 
Quels sont tes projets à venir, dont tu es en mesure de parler ?
On espère que « Priscilla » va continuer encore son voyage qui sait, même si ce soir c’est la dernière sur Paris. Peut être une bonne nouvelle ce soir pour le public, je n'en dit pas plus ;)
Après, je suis vraiment animée par mes projets cinéma, télé, théâtre. Mais, en tout cas, je serai très heureuse de pouvoir continuer l’aventure avec « Priscilla ». Même si je suis quelqu’un de passionnée par l'image, c’est-à-dire à tout ce qui est cinéma et télé, je dois avouer que je suis vraiment reconnaissante et tellement heureuse d'avoir vécu chaque soir cette aventure incroyable sur les planches, c’était juste extraordinaire et tellement enrichissant ! Alors espérons que la vie réserve une suite encore meilleure ;)
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Si tu étais…
…un film : « La ligne verte »
…une chanson : « Fistful of Love » de Anthony and the Johnsons
…un livre : « L’Alchimiste » de Paolo Coelho
…un personnage : Nelson Mandela
…un proverbe / une citation : « Ce qui ne tue pas rend plus fort »
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La Théâtreuse en Baskets

Saltimbanque, Runneuse, Entrepreneure... Lauriane aka la Théâtreuse en Baskets, humaine au cœur tendre, passionnée de spectacle vivant, décortique et met en lumière le Théâtre.
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