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Rencontre avec Alice Lyn Nguyen

Rencontre avec Alice Lyn Nguyen
Après l'avoir découverte dans la comédie musicale "Priscilla, Folle du Désert" qui se joue depuis le 25 février 2017 au Casino de Paris, j'ai rencontré il y a quelques semaines, à quelques heures de l'une des représentations, la pétillante Alice Nguyen, chanteuse et comédienne.
Peux-tu te présenter en quelques mots et nous parler de ton parcours ?
 
J’ai commencé il y a 13 ans. J’ai fait mon premier casting. C’était une émission sur le spectacle
Photo : Stacey King
de Michel Fugain. Et là, en fait, j’avais droit à des cours intensifs de chant, danse, théâtre pendant un mois, on dormait à l’hôtel, etc. Je devais juste réussir toutes les semaines des auditions pour rester, et j’ai fait partie des quatre gagnants. Donc, j’ai eu ma première expérience dans une comédie musicale aux Folies Bergère. Pour moi, c’était énorme. Je n’étais même jamais allée aux Folies Bergère avant cela. C’était chouette, j’ai appris, j’ai rencontré du monde, j’ai compris comment postuler, etc.
Ensuite, j’ai travaillé à Disney, au Théâtre de la Grande Comédie pour un spectacle pour enfants, puis « Avenue Q » est arrivé rapidement, à Bobino, et les « Voca People » pendant trois ans. Il y a eu également une pièce de théâtre au Palais Royal, l’adaptation des « Trois Mousquetaires », et puis « Priscilla, Folle du Désert » au Casino de Paris, et « Peppa Pig ».
 
 
Qu’est-ce qui t’a poussée vers le métier de la scène ?
 
Pour moi, c’était inaccessible, c’était seulement ce que je voyais à la télé. Je n’ai personne dans ma famille qui fait de la scène, qui danse, qui chante, qui joue la comédie. Je ne savais pas que c’était un métier accessible, donc je n’y pensais même pas. Mais le jour où j’ai vu cette audition à la télévision, je me suis inscrite et j’ai eu une date d’audition. Je me suis dit que ça devenait concret. Puis je réussis les auditions, et je réalise que cela devient vraiment concret. Et finalement, j’ai le contrat et je me dis que là c’est réel, j’ai signé et on va me payer pour chanter et danser.
Je pense que j’ai toujours aimer chanter. Et pour la scène, il y a eu une fois à la fête de la ville quand j’avais six ans, c’était génial mais j’ai pensé que c’était une expérience unique que je ne renouvellerai jamais, parce qu’il fallait un vrai métier.
Mais une fois que j’y ai eu goûté, je me suis dit « c’est trop bien le contact qu’on peut avoir avec le public ! ». Autant on peut être timide devant une personne parce qu’on va se sentir jugée et pas assez bien, autant quand on arrive sur scène, on peut être devant 2000 personnes inconnues et ce n’est pas grave, on y va quand même. Ce qui est excitant, c’est l’adrénaline qu’on a : en une fraction de seconde, on peut tomber et tout faire foirer, tout comme on peut réussir et transmettre de la joie aux gens et en recevoir par la suite.
Dès que j’ai découvert cela, comme toute adrénaline, on devient addict. Mais le piège c’est que tu ne rencontres pas tous les jours l’adrénaline dans la vie réelle, et cela parait souvent plus triste que quand on est sur scène. Dans la vie, on se retrouve à être assez insatisfait. Par exemple, à la fin de chaque aventure, de chaque contrat, je pense qu’on a tous une petite déprime, sauf si on enchaîne derrière avec quelque chose. Mais on vit ensemble, on passe tellement de temps ensemble, on se voit plus avec la troupe qu’avec nos familles, nos conjoints, nos amis.
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Je te découvre dans le rôle de Cynthia dans la comédie musicale “Priscilla, Folle du Désert”. Tout d’abord, qu’est-ce qui t’a séduite dans le spectacle et comment as-tu été amenée à rejoindre l’aventure ?
 
Photo : Pascal Ito
J’ai postulé à une annonce, mais je ne savais pas ce qu’était le principe de « ping-pong show », ni le film d’ailleurs, que je ne connaissais pas. J’ai regardé et j’ai beaucoup hésité parce que, dans le film, je trouve qu’elle est vraiment vulgaire, et je suis, à la base, de nature pudique. Mais ce rôle-là est comme un rôle de fantaisie, ça ne fait pas avancer l’histoire mais c’est la petite touche rigolote si je le fais à fond, c’est-à-dire à la fois comique et à la fois sexy aussi. Je pense que c’est un challenge : même être en porte jarretelles sur scène, c’est difficile, mais je me suis dit que la vie est faite de challenges, on se sent plus fort quand on relève le défi et il faut le faire car c’est un signe.
Donc, j’ai fait une audition, j’ai proposé une Cynthia à ma façon, pas comme dans le film parce que je n’aurais pas assumé. Pour moi, il faut que ce soit auto-dérisoire sinon je suis gênée. J’ai proposé cette Cynthia aux mille grimaces, un peu maladroite, et ils m’ont dit « c’est ça qu’il faut que tu fasses, il faut que tu gardes cela pour le show ». C’est le challenge qui m’a séduite.
Je trouve aussi que le message de tolérance est super beau et aujourd’hui on a besoin de transmettre cela.
 
 
On te retrouve maintenant, pour cette reprise, parmi les Divas qui accompagnent le show. Quel effet ça fait de chanter et de jouer suspendue à plusieurs mètres du sol ? Comment ressens-tu ce rôle de Diva ?
 
Je fais du saut en parachute donc j’adore l’adrénaline et, pour moi, huit mètres ce n’est rien du tout. Sinon, les filles s’amusent à se tirer, à se lâcher et se balancer, et puis elles tournent, et lorsqu'on est perchées à huit mètres de hauteur, je n'arrive pas à m'amuser à "jouer à la balançoire" comme elles le font, parce qu'elles en ont l'habitude et parce que j'ai besoin de me concentrer davantage à la reprise de la chanson (car je ne suis Diva que depuis quelques mois). Mais sinon, commencer le show en étant suspendue, en montant crescendo, avec la musique qui monte en même temps, c’est jouissif : tu découvres le public, on a la chance d’être les premières à le saluer, et je trouve que ça créé une connexion unique que je ne connaissais pas avec Cynthia.
Etre Diva a été un vrai choix, je me suis battue pour le faire. J’ai refait des auditions pour savoir si ma voix allait avec les voix des autres filles et si je rentrais dans les costumes. Et puis la production ne me connaissait pas en tant que chanteuse. Dans mon parcours, on me connaît plus en tant que comédienne, mais ma première passion c’est le chant ! Pour la comédie, ça m’éclate de le faire et je ne me prends jamais au sérieux, mais cela fait un an qu’on jouait « Priscilla » et je prends plaisir à faire Cynthia, mais j’avais vraiment soif d’apprendre autre chose. 
Alice Nguyen, Ana Ka & Kania Allard

 

Je pense qu’on fait ce métier-là pour apprendre d’autres choses et ne pas se reposer seulement sur ses acquis sinon on se sent fonctionnaire. Je me suis un peu sentie fonctionnaire, et malgré la folie de Cynthia, le rôle ne me permet pas d’apprendre des choses nouvelles. Alors qu’en Diva c’est parfait : il y a des partitions, des chorégraphies synchronisées, une attitude encore plus glamour qui n’existe pas du tout chez Cynthia.
C’était aussi un challenge et je suis contente de l’avoir relevé. Et puis c’est vraiment différent : il y a le kif de chanter et d’être là quasiment tout le long du spectacle mais d’être à part quand même (on n'a aucun contact réel avec ni le public ni les comédiens et danseurs parce qu’ils ne sont pas censés nous voir), et en Cynthia je n’ai que deux scènes mais quand j’arrive j’ai l’impression d’être en connexion directe avec le public et le lien est déjà plus fort même si c’est plus court. Ce n’est vraiment pas pareil de chanter et d’être présente tout le long et puis jouer la comédie et finalement marquer un peu plus le public, mais j’aime les deux.
 
 
En tant que Diva, si tu devais choisir un costume, une chanson et un tableau ?
 
Le costume : j’aime beaucoup la robe qui est dans « Boogie Wonderland » mais on ne la voit pas à cause du dé. Mais sinon, la robe rose du final.
La chanson : « True Colors » a capella.
Le tableau : « Boogie Wonderland », parce que c’est haut en couleurs, en paillettes et en forme. J’ai eu la chance de voir une fois le show et je pense que c’est ce qui m’a le plus marquée. Et je trouve que cela ressemble à un clip musical.
 
 
Y’a-t-il un moment que tu préfères particulièrement dans le spectacle ?
 
J’aime beaucoup l’ouverture du spectacle. En fait, même nous, on sent que la température monte et tout le show va commencer ! Et puis l’excitation commune qu’on a tous, spectateurs et artistes.
 
 
As-tu une anecdote à nous raconter ?
 
J’en ai mille !
Les danseurs me font toujours halluciner : en fait, ils entrent sur scène au dernier moment, et juste avant ils sont là en train de discuter et de se blusher, puis ils courent pour arriver sur scène.
Il y a aussi un deuxième show en coulisses : il faudrait filmer les backstages pour les gens, pour qu’ils sortent avec un DVD de ce show caché.
Et sinon, un jour, il y a quelques mois, j’avais quelques kilos en plus, l’habilleuse m’avait monté le zip du corset de Cynthia et puis il a craqué ! Je devais y aller, et elle me dit de ne pas m’inquiéter. Elle était en train de me recoudre mais je ne savais pas ce qu’elle faisait, si elle faisait juste quelques points ou si elle avait vraiment recousu. Donc, pendant le show, j’étais assez coincée et j’essayais de tout faire de face parce que je ne voulais pas qu’on voit les points de couture. Du coup, je me sentais bloquée dans le rôle, j’ai tout fait en tout petit et je stressais que ça s’ouvre et que ça tombe.
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Récemment on a pu te voir dans “The Voice” sur TF1. Peux-tu nous parler de cette expérience ?
 
En fait, ça faisait trois ans environs que je me tâtais de le faire et à chaque fois, j’ai eu une bonne excuse car j’ai eu un contrat qui est tombé. Et là, cette année, je l’ai fait et je me suis dit que cela me permettrait d’avoir plus de visibilité et d’avancer plus dans le chant que dans la comédie.
Je crois que j’ai envie de me retirer un peu de la comédie musicale et soit ne faire que de la comédie, soit que du chant. J’ai des compositions et j’aurais envie de monter une équipe pour travailler autour de ce projet. Et en tant que candidate de ce genre d’émission, j’espérais monter ce projet. Il y a eu déjà quelques petites propositions et on va voir ce que cela va donner.
 
 
Comment aimerais-tu présenter ton univers musical ?
 
En fait, j’aime un peu tout. Mais, ce que je voudrais faire, c’est assez acoustique avec des sonorités électro, mettre des instruments orientaux, et des textes en français ou en anglais. J’ai cette double culture asiatique et française, et j’aimerais que ça me représente aussi. Donc, ça serait un mélange de sons assez orientaux sur de la musique occidentale, plutôt pop avec quelques sonorités électro : c’est un métissage musical, en fait.
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Quelle serait ta plus belle expérience, ton projet le plus fou ?
 
« Avenue Q ». Je jouais le rôle d’une psychologue homophobe, raciste et hystérique. Ce qui était bien c’était qu’il y avait de la comédie pendant tout le premier acte, et dans le deuxième acte j’avais une vraie chanson à moi. Et en fait, dans ce rôle, on me voyait en rigolote sarcastique et aussi en personnage touchant, car finalement elle est tolérante et aide ces personnes qu’elle méprisait au premier acte. Il y avait plus de nuances, plus de reliefs dans le personnage et j’avais l’impression que je pouvais être moi et mon contraire dans ce spectacle. C’est pour cela que ça reste mon spectacle préféré.
Rencontre avec Alice Lyn Nguyen
Rencontre avec Alice Lyn Nguyen
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As-tu des projets en préparation ?
 
J’attends une réponse pour une pièce de théâtre : ça serait dingue car c’est vraiment mon rêve de jouer là-dedans.
Et puis, je suis en train de monter une équipe avec des musiciens pour un concert. Il y aurait des reprises réarrangées, dans mon univers, et des compositions. Ça serait une première pour moi aussi. Et j’aimerais, suite à « The Voice », pouvoir faire venir du monde pour ce concert.
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Si tu étais...
 
...un film : « Slumdog Millionnaire »
 
...une chanson : « In the arms of an angel », de Sarah McLachlan, une chanson que j’ai repris en cover. Elle est triste mais parle d’un ange qui veille sur toi. Soit c’est une personne qui n’est plus là, soit c’est une présence que tu sens qui veille toujours sur toi et qui te donne des forces. Cela sonne triste mais je trouve que c’est hyper positif.
 
...un livre : « L’alchimiste » de Paulo Coelho
 
...un personnage historique ou de fiction : la Petite Sirène. Parce qu’elle appartient à deux mondes, et elle est hyper frustrée qu’on l’enferme dans un seul monde. Et elle est rebelle et courageuse parce qu’elle veut tout connaître.
 
...une citation / un proverbe : "On ne prend pas de risque dans la vie puisque la vie est un risque" . Je l’ai lue dans un des livres d’Amélie Nothomb.

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Retrouvez-la dans "Priscilla, Folle du Désert"

au Casino de Paris pour les dernières, du 31 mai au 7 juillet 2018

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À propos

La Théâtreuse en Baskets

Saltimbanque, Runneuse, Entrepreneure... Lauriane aka la Théâtreuse en Baskets, humaine au cœur tendre, passionnée de spectacle vivant, décortique et met en lumière le Théâtre.
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