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"Menteur ?", le one-man show magique de François Martinez (Interview)

"Menteur ?", le one-man show magique de François Martinez (Interview)
Après avoir vu ses précédents spectacles "Harry Potter, Copperfield et moi" et "J'ai fait disparaître ma femme", je suis allée découvrir le nouveau spectacle "Menteur ?" de François Martinez à l'occasion de sa nouvelle programmation au Petit Palais des Glaces : un nouveau show magique où l'artiste enchaîne les exploits les plus improbables. Une fois de plus, il a réussi à me bluffer et à me faire retrouver mon âme d'enfant émerveillée et je ne peux donc que vous le recommander !

Avec ce nouvel opus, François Martinez s'attaque à la fameuse question que lui posent la plupart des spectateurs : les magiciens ont-ils des pouvoirs ou ne sont-ils que d'habiles mystificateurs ?
Comme à son habitude, loin de l'image parfois guindée ou distante qu'on peut se faire des magiciens, c'est avec malice et bienveillance que François embarque son public dans un show interactif, avec le souci de toujours donner le meilleur rôle à ses spectateurs.
Très loin d'être un catalogue de numéros de magie sans lien les uns avec les autres, le spectacle fait la part belle à un fil rouge autour de la mystification, à une magie surprenante et moderne, à l'humour et parfois même à l'émotion.

Voici un artiste que j’ai pu découvrir au Festival d’Avignon en 2014, et qui m’a d'ailleurs réconciliée avec la magie depuis ce jour. Il est depuis l’un de mes coups de cœur artistiques et j’étais donc impatiente de voir son nouveau spectacle où il allie parfaitement humour et magie.
 
Au travers d'un personnage plutôt comme tout le monde et avec un fil conducteur, il va ainsi dépoussiérer la magie, avec une proposition qui lui est propre, dans un spectacle fun, convivial, interactif et bluffant. Faire disparaître du soda, reconstituer une carte en mille morceaux, résoudre un rubik's cube les yeux fermés, quelques tours de mentalisme, et bien d’autres surprises étonnantes vous attendent dans ce one-man show magique qui ravira petits et grands.
 
Avec la magie, on retrouve deux catégories de personnes : ceux qui adorent être surpris et ceux qui voudraient comprendre. Pour ma part, je me retrouve dans ces deux catégories. Plutôt sensible à cette discipline et très impressionnée par toute la dextérité qu’elle demande, j’ai été bluffée et impressionnée tout du long…à m’en décrocher la mâchoire à plusieurs reprises d’ailleurs !
 
Sans temps mort, dans un moment de convivialité, on ne voit pas l’heure filer avec cet artiste qui nous étonne et nous captive, avec beaucoup d’humour. Un gros coup de cœur pour ce spectacle que je n’hésiterai pas à revoir.
 
Alors, Menteur ? pour le savoir, courez découvrir cet artiste talentueux…vous y passerez un moment mémorable au théâtre !
 
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Auteurs : Jocelyn FlipoFrançois Martinez
Collaboration Magique : Yves Doumergue 
Mise en scène : Alexandra Bialy 

L'Interview : François Martinez nous parle de son spectacle "Menteur ?"

Comment t’es venu cet intérêt pour la magie ?
À 14 ans.
Ma mère travaillait dans une maison de retraite et un magicien y est intervenu. Je ne sais pas
Photo : Robin Gervais
pourquoi, elle lui a dit que j’aimerais apprendre la magie et elle est rentrée avec une carte de visite en me disant qu’il était prêt à me donner des cours. Un jour, j’ai appelé pour prendre rendez-vous. Quand je suis arrivé là-bas, il m’a demandé ce que je savais faire, et comme je ne savais encore rien faire il m’a dit de rentrer chez moi. Ce qui m’a plutôt vexé. Juste après, je suis parti en voyage scolaire en Angleterre et dans le premier magasin où je suis rentré, j’ai acheté un livre de magie et j’ai bossé pendant un mois tout ce qu’il y avait dedans. Puis, je suis retourné le voir et il m’a dit m’a dit que j’avais compris la base : qu’il faut avoir envie, être motivé et travailler. C’est comme ça a démarré pour moi.
 
Qu’est-ce qui t’a poussé à aller vers le métier de la scène ? Quelles sont tes influences ?
Pour la scène, mes parents m’ont inscrit à un stage de théâtre quand j’avais 6 ans, pendant les vacances scolaires. J’ai tellement accroché que je n’ai jamais lâché. J’ai intégré la troupe amateure à la rentrée où je suis resté de mes 6 ans à mes 16 ans. Après, la troupe a un peu explosé et j’ai continué jusqu’à mes 18 ans dans des maisons de quartier. Entre temps, j’avais rencontré la magie à 14 ans.
Au niveau des influences, ça va être les Monty Pythons, Pierre Richard, Peter Sellers… et en magie ça va être des personnes comme David Copperfield, Penn and Teller, Gaétan Bloom, Jean Merlin…
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Comment est né ton nouveau spectacle “Menteur” ? Que représente-t-il pour toi ?
En fait, on commençait à voir que le spectacle précédent avait atteint ses limites. On avait déjà réécrit plusieurs versions de ce spectacle et on commençait à voir que ça allait être difficile d’en faire plus.
On est retournés à Lyon pendant quelques mois pour réécrire à fond et repartir sur un nouveau spectacle. Pendant trois mois on a fait une rotation entre l’ancien spectacle avec des extraits du nouveau que l’on voulait intégrer, et trois mois plus tard on a commencé à avoir la formule du nouveau spectacle avec l’axe directeur. On a réussi à aboutir à quelque chose pour Avignon 2017.
Ce spectacle, c’est l’étape d’après. En 3 ans, on a peaufiné le personnage qui commence à être un peu plus installé. Ce qui fait qu’on a moins besoin d’avoir un support et une histoire, et juste avoir un fil rouge et le personnage qui se développe. C’est un peu plus libérateur que le spectacle d’avant, et je m’amuse beaucoup plus.
 
Peux-tu nous parler de tes différentes collaborations artistiques ?
Il y a toujours les mêmes personnes que pour l’ancien spectacle : Jocelyn Flipo à la co-écriture avec moi, Alexandra Bialy à la mise en scène…on ne change pas une équipe qui gagne. C’est devenu plus une amitié avec le temps, et je sais que je peux leur faire une totale confiance pour m’aider à améliorer le spectacle.
Et aussi Yves Doumergue, qui est venu se greffer à la collaboration magique dès le début du spectacle. C’est lui qui a permis à ce que le niveau de la magie monte à un niveau bien au-dessus de ce que c’était déjà. On a surtout travaillé à avoir beaucoup de choses nouvelles et inédites, qu’on ne puisse pas voir ailleurs.
 
Photo : Robin Gervais
Tu nous en mets plein la vue tout au long de ce spectacle. Combien de temps te prends la création d’un tour ?  
Cela varie. Il y a des tours qui vont venir très vite, par exemple le tour de la carte déchirée au début est un des premiers tours qu’on a intégré dans le spectacle : en trois semaines on avait à peu près ce qu’on voulait, mais il a fallu deux ou trois mois avant de peaufiner toutes les étapes du tour, et on change encore parfois des petits détails pour l’améliorer.
Une autre idée est celle des marqueurs, l’un des tours finaux : un tour qu’Yves m’a gentiment confié – avec lequel il a fait des compétitions internationales – qu’on a modifié pour le spectacle parce que lui le faisait avec des bâtons de dynamite. Entre le moment où on a commencé à poser les choses, travailler, et créer le matériel, on a mis plus de trois mois, et il a fallu un mois pour qu’il soit intégré dans le spectacle.
Je pense qu’un tour de magie n’est jamais abouti mais il commence à être fun assez vite. Globalement il me faut dix spectacles pour que je maîtrise la technique d’un tour et que je puisse uniquement me concentrer sur ma présentation, sur ma façon de l’amener et d’être dedans en étant libre sans être tendu.
 
Lequel impressionne le plus en général au fil des représentations ?
Je ne sais pas parce qu’en fait chacun a sa sensibilité propre et chacun va avoir un effet qui lui parle plus. Il y a des gens qui vont être très bluffés par le tour du coca, d’autres qui vont dire que c’est celui du rubik’s cube, d’autres qui vont dire que c’est celui des marqueurs… Chacun y trouve un peu son compte.
Je pense qu’on a tous des petites idées un peu préconçues sur la magie et sur ce qui nous bluffe ou pas. C’est pour ça que dans le spectacle on a essayé de créer des choses suffisamment variées pour que tout le monde puisse y trouver son compte.
 
Y’a-t-il un moment que tu préfères particulièrement dans le spectacle ?
Photo : Robin Gervais
Tout le spectacle ! Je m’amuse. Il n’y a pas vraiment de moment. En fait, avant c’était comme si tu attendais des rendez-vous particuliers parce que tu savais que là ça allait être cool, mais là le spectacle est tellement fun, tellement abouti, tellement moi, que j’attends chaque moment avec la même impatience. Je pense aussi que c’est libérateur quand tu joues, parce que tu ne te dis pas « j’ai peut-être un truc qui est un peu en-dessous » ou « j’ai un truc où les gens vont moins rigoler ».
J’attends chaque seconde avec impatience, et la particularité c’est que, comme c’est un spectacle interactif et vivant, que le public change tous les soirs, le contenu du spectacle globalement va changer puisque des gens vont réagir différemment.
 
As-tu une anecdote à nous raconter ?
On avait décidé de mettre un drone dans le spectacle et par le hasard de la création, il s’est retrouvé sur l’affiche. Ce qui fait qu’aujourd’hui, on ne peut plus faire le spectacle sans drone. Mais le drone précédent était assez volumineux et balèze. Ce qui fait qu’il a très rarement réussi à voler correctement, ou à être autorisé à voler. Donc, dès que le drone décollait, il se prenait le plafond ou un mur, etc.
Et l’anecdote, quand il ne vole pas correctement, c’est aussi que, comme le personnage autorise des choses comme ça, les gens sont persuadés que c’est prévu dans le spectacle et que c’est normal, car à la fin il y a toujours l’effet. Puisque le personnage n’est pas assez arrogant pour revendiquer d’être le plus grand des magiciens, on comprend bien que c’est juste un mec comme tout le monde, qui maîtrise particulièrement cette magie et qui est là pour la partager.
 
Est-ce qu’il y a déjà eu des réactions marquantes de spectateurs ?
Le plus drôle c’est sur le tour du coca. Quand les gens doivent passer cette épreuve du coca – je ne la décrit pas car il faudra venir voir le spectacle pour comprendre de quoi je parle – il y a une vraie angoisse chez certaines personnes sur le fait de « est-ce qu’il faut le faire ou ne pas le faire ? » et est-ce qu’ils vont se retrouver dans une mauvaise posture ou pas. La réaction à ce moment-là est toujours géniale.
Une des plus belles réactions que j’ai eue c’est une spectatrice qui était venue quand on testait un nouveau tour – qu’on a enlevé du spectacle parce que pas adapté à la salle. J’ai eu une spectatrice qui était tellement réactive que toutes ses réactions étaient extrêmement fortes, même sur des petites choses, et tu te dis que ce qu’elle a vécu devait être génial. Pendant quelques secondes, tu as l’impression de faire le meilleur tour du monde, car tu te dis qu’en fait elle est en train d’assister à quatorze miracles de suite, et ça c’est assez cool.
 
As-tu un genre de rituel avant le show, pour te préparer ?
Mon rituel avant le show, c’est globalement toute la préparation matérielle du spectacle pendant une petite heure en papotant avec mon régisseur. Puis un dernier check plateau pour vérifier que tout est en place. Je monte en loge. Je mets un peu de musique (selon l’humeur), je repasse ma tenue de scène, me change et redescends un peu sur le plateau avec le régisseur avant le lancement. Et j’adore entendre les gens rentrer et discuter depuis les coulisses avant que ça démarre.
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Photo : Robin Gervais
Quelle serait ta plus belle expérience et/ou projet le plus fou ?
Pour l’instant, le projet que je vis est déjà un projet assez fou. Cela a été un gros changement de vie pour faire ce spectacle. Le projet est tellement cool que je n’ai pas trop le temps de me caler sur d’autres choses. Je pense qu’on va commencer à créer un peu de contenus pour le web avec le temps mais pour l’instant ce n’est pas la priorité.
Mon espoir le plus grand est que ce projet dans lequel j’ai tout mis m’emmène le plus loin possible. Le plus beau projet c’est de pouvoir vivre de ce métier ad vitam aeternam.
 
As-tu des projets à venir, dont tu es en mesure de nous parler ?
Pour l’instant, c’est continuer de travailler ce spectacle pour le faire monter encore un peu plus haut, et essayer d’avoir une meilleure visibilité médiatique. Et pouvoir faire de la création pour le web, soit en partant autour de la magie soit en partant autour du personnage, donc pas forcément avec de la magie dedans.
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Que dirais-tu à ceux qui ne sont pas encore venus découvrir ton spectacle ?
 
Que c’est une erreur ! Que vous allez être maudits sur quatorze générations !
Que c’est normal, que c’est comme beaucoup de gens. Vous êtes beaucoup, et je ne peux pas tous vous accueillir dans la salle le soir donc c’est normal que vous ne soyez pas encore tous venus.
Ce spectacle a été écrit pour générer deux choses : d’abord, que les gens s’éclatent et soient bluffés par la magie. Et surtout, le secret espoir de ce spectacle c’est de réconcilier les gens avec la magie pour ceux qui en avaient une vision un petit peu ancienne ou pas fun. Je fais une proposition magique qui est la mienne, mais je trouve que toutes les formules magiques sont très classes et belles, et aucune n’est poussiéreuse.
 
Venez, parce que :
1. Vous allez vous marrer,
2. Vous allez être bluffés,
3. Vous aurez envie de revenir, avec d’autres gens.
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Si tu étais…
...un film : « La cité de la peur »
 
...une chanson : « Superstition » de Steevie Wonder, ce que j’écoute avant de jouer
 
...un livre : « Les annales du Disque-Monde », de Terry Pratchett. Il y a 24 livres et je veux bien être n’importe lequel de ces livres.
 
 ...un personnage historique ou de fiction : Bill Murray dans « Un jour sans fin »
 
...une citation / un proverbe : « Prends ce que tu aimes, fais-en ton métier, tu n’auras jamais à travailler de ta vie »
"Menteur ?", le one-man show magique de François Martinez (Interview)

Laissez-vous surprendre

au Petit Palais des Glaces

jusqu'au 30 mai 2018

les mardis et mercredis à 20h00

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La Théâtreuse en Baskets

Saltimbanque, Runneuse, Entrepreneure... Lauriane aka la Théâtreuse en Baskets, humaine au cœur tendre, passionnée de spectacle vivant, décortique et met en lumière le Théâtre.
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